lundi 27 juillet 2009

La campagne toute l'année

Je l’ai connue il y a plus de 53 ans. Un amour d’été, de vacances. Et puis j’en ai voulu plus alors j’ai choisi d’y vivre il y a 39 ans : la campagne. Ma campagne, la Petite-Nation. Je savais que ce serait pour toujours, que je ne retournerais en ville, à gauche vers Montréal ou à droite vers Hull (devenu Gatineau), que pour certains achats ou visites.

Mon père a su si bien me la faire connaître historiquement parlant que je vois parfois le fantôme de Louis-Joseph Papineau au bout de sa seigneurie où j’habite, mais c’est encore la nature qui me la fait aimer le plus. Allie sait si bien la chanter dans son blogue, que, ce matin, j’ai ouvert mes fenêtres pour écouter le silence. Pas d’oiseaux en ce petit matin gris. J’attends que le soleil se lève, que les rayons passent à travers la forêt dense. Les troncs de mes grands pins sont laqués d’humidité.

Et puis la semaine dernière, j’ai marché sept kilomètres le long du ruisseau Iroquois, à hauteur de Duhamel. Un tronçon du sentier national nouvellement ouvert. Ma meilleure amie qui aime marcher dans les sentiers balisés me l’a fait connaître. Nous étions tellement bien à regarder où nous déposions nos pieds. J’ai vu les champignons, les arbres et les fleurs sauvages. J’ai entendu le pinson à gorge blanche et le geai bleu. J’ai surtout entendu, pendant plus de la moitié du trajet, les cascades de ce qui ressemblait beaucoup plus à une rivière qu’à un ruisseau (photo). Nous avons mangé, assises sur des roches, en face d’un escarpement, nous nous sommes rafraîchi le visage de l’eau claire. Une fois de plus nous avons écouté le silence et profité d’une petite brise.

Plus loin, une fois le ruisseau quitté, nous nous enfoncions dans la forêt, les pieds dans la bouette (forcément avec l’été pluvieux que nous avons). Des fèces, en tas. Des empreintes difficilement reconnaissables. Des chevreuils et des orignaux, je n’ai pas peur, j’en vois souvent. Mais je crains les ours. « J’ai ma clochette à ours et mon vaporisateur chasse-ours » Où ça? ai-je bien demandé. Ma meilleure amie, je la voyais déjà par terre, incapable de se défendre, je m’emparais de son vaporisateur… je n’osais pas imaginer le reste. Je me suis efforcée de me convaincre que les crottes aperçues et qu’on apercevait encore étaient celles d’orignaux.

Le dernier kilomètre se fit en chantant et en parlant…

Une fois à Duhamel, nous nous sommes baignées, l’eau était fraîche, ça sentait l’été de mon enfance.
(photo de l'auteure: le ruisseau Iroquois)

10 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

Merci de ton lien du site de la Fédération de la marche. Ta description de ta promenade de Duhamel me donne le gôut à la promenade en bois. Si agréable et pourtant peu pratiqué par moi-même. C'est bien beau le Gym mais ca remplit pas les poumons d'air frais et la vue et l'odeur... Ma dernière marche dans les bois, c'était À St-Rémi d,Hamerst, j'ai gravi les centaines de marche de la côte à feu qui mène À une superbe vue en montagne. Et la clochette à Ours..je connais pas ce subterfuge À ours ????

ClaudeL a dit…

Évidemment je n'ai jamais pu la mettre à l'épreuve, mais on en trouve à Mountain Coop: http://tinyurl.com/luq73e

Peppe's a dit…

Bravo pour votre blog. C'est diversifié et intéressant. Je suis moi-même un artiste. Je fais de la peinture à l'huile, comme ça pour m'amuser. C'est un très beau passe-temps.

J'ai aussi deux blogues sur Blogger qui parlent d'actualités et de différents sujets. Je vous invite à les consulter à l'adresse : Peppesnature.blogger.com et Le blog de Péppé.blogspot.com

Bonne fin de journée !

Peppe's

Lyne a dit…

Je vous comprend tout à fait. J'ai succombé au charme de la Petite-Nation au printemps 2008 et je m'y suis établie. Cet été je découvre la région et malgré la pluie, mon coeur est épris de tant de beauté!

Lyne M
Montebello

ClaudeL a dit…

À LyneM: encore bien des années de découvertes alors.

Allie a dit…

Ce billet est magnifique! Tout ce que l'on voit et rencontre en forêt est magique. Il suffit de porter un peu d'attention, d'ouvrir les yeux et d'écouter...
Moi, ce qui me fait peur en forêt, ce sont les oiseaux de proie. Parce que nous avons déjà été attaqués, sans savoir qu'il y en avait un à cet endroit là. Maintenant, j'ai tendance à regarder en l'air! ;)

ClaudeL a dit…

Eh bien, ces temps-ci, dans les petits sentiers, tout balisés qu'ils soient, si vous regardez en l'air, vous risquez de glisser sur des crottes ou simplement sur l'herbe mouillée ou pire, sur une roche, une racine!!! À éviter.
Vous nous conterez votre aventure (ce qu'on appelle une aventure, après que le cauchemar soit arrivé!), ça m'intéresse.

Isa Lauzon a dit…

Quelle magnifique description d'un aussi splendide paysage... Moi qui fus élevée à la campagne, avec en prime un chalet dans le coin de Mont-Laurier, je m'ennuie parfois de cette quiétude, de cette formidable sérénité qu'apporte la nature. Ma vie actuelle est banlieusarde, trépidante et surchargée... Je rêve parfois de me perdre dans l'immensité d'une forêt, de redécouvrir ces joies simples... Avec une clochette à ours, bien entendu! ;-)

ClaudeL a dit…

Clochette à ours chez Mountain coop. 2,75$
http://tinyurl.com/luq73e
pas cher pour avoir le plaisir d'écouter des cascades sans se demander si...

Ruth Major Lapierre a dit…

Merci pour la promenade. La baignade m'a fait le plus grand bien; je sentais presque l'eau fraîche de l'enfance sur ma peau.